Poser un bardage composite sur une façade, c’est d’abord préparer un support sain, monter une ossature secondaire avec une lame d’air ventilée, puis fixer les lames en respectant le jeu de dilatation prévu par le fabricant.
Contrairement au bardage en bois massif, encadré par le NF DTU 41.2, le bardage composite se pose selon les règles du fabricant et, quand il en a un, l’Avis Technique du système. C’est ce point que l’artisan doit vérifier avant de chiffrer le chantier.
Points clés
- Le NF DTU 41.2 impose une lame d’air ventilée d’au moins 20 mm derrière un bardage bois ; pour le composite, la lame d’air se dimensionne d’après la notice du fabricant.
- L’entraxe des tasseaux se lit sur la fiche du produit, pas dans l’habitude du poseur.
- Le jeu en bout de lame se règle à la pose : c’est lui qui absorbe la dilatation par forte chaleur.
- Bois, composite et fibrociment ne relèvent pas du même cadre de pose.
- En rénovation, le bardage sert souvent de parement à une isolation par l’extérieur.
Pourquoi le bardage composite revient sur les chantiers de rénovation
Le marché de la façade bascule vers la rénovation. Selon l’Enquête nationale de la construction bois menée par France Bois Forêt et le Codifab, les entreprises du secteur ont réalisé plus de 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
La construction neuve en représente encore 71 %, mais l’activité d’entretien-rénovation a progressé de 9 % par rapport à 2022, pendant que les mises en chantier de logements neufs reculaient.
Le parc à traiter est considérable. D’après l’Observatoire national de la rénovation énergétique (SDES), sur les 30,9 millions de résidences principales que compte la France au 1er janvier 2025, environ 3,9 millions sont des « passoires énergétiques » classées F ou G au DPE, soit 12,7 % du parc.
L’ADEME rappelle pourquoi. Dans son infographie de décembre 2022, elle prend l’exemple d’une maison non isolée construite avant 1974, où les murs représentent 20 à 25 % des pertes de chaleur, et conclut : « Les murs doivent être isolés, par l’extérieur pour plus d’efficacité. »
Une isolation thermique par l’extérieur (ITE) demande un parement de finition, et c’est souvent là que le bardage entre en jeu.
Préparer le support et monter l’ossature secondaire
Avant de poser la première lame, on contrôle la planéité et l’état du mur. Un enduit qui se décolle, une fissure active ou des traces d’humidité se traitent avant, pas derrière le bardage où ils deviennent invisibles.
Sur une paroi à ossature bois, un pare-pluie est posé sur toute la surface. Sur un mur déjà étanche en béton ou en maçonnerie enduite, il est en général facultatif.
Les tasseaux de l’ossature secondaire créent la lame d’air. Pour un bardage bois, le NF DTU 41.2 impose une épaisseur nominale minimale de 20 mm, avec une entrée d’air en pied protégée par une grille anti-rongeurs et une sortie en tête de façade.
Pour le composite, l’épaisseur de la lame d’air et les sections de ventilation se reprennent dans la notice du fabricant ou dans l’Avis Technique du système, et non par simple analogie avec le bois.
L’entraxe des tasseaux se lit sur la fiche du produit. Prenons un exemple concret avec des lames de bardage composite de profil Aage en 34 x 185 mm, vendues par E-Wood : la fiche indique 5,40 mètres linéaires de lames et 2,00 mètres linéaires de tasseaux par mètre carré, avec un entraxe maximal de 50 cm.
Pour un pignon de 40 m², il faut donc prévoir 216 mètres linéaires de lames et 80 mètres linéaires de tasseaux, avant la marge pour les coupes et les ouvertures.
Dilatation, fixations et points singuliers
Le composite réagit à la température, et le jeu en bout de lame se décide à la pose. Sur la gamme citée plus haut, la fiche rappelle que la dilatation et l’espace en bout de lame sont une caractéristique du bois composite classique, puis précise que, bien que les lames Excellence ne se déforment et ne se dilatent quasiment pas, la maîtrise des espaces en bout de lames est un atout pour une esthétique parfaite.
Elle recommande donc un espace de 5 mm en bout de lame, qui garde le même écart entre lames et leur permet de se dilater par temps très chaud.
Côté fixations, on reste sur la visserie et les accessoires du système. Pour la gamme citée, le catalogue associe aux lames des vis inox de 4,2 x 30 mm et des vis de couleur en inox A2 de 4,2 x 38 mm, ainsi que des cornières d’angle, des profils d’extrémité et des profils de finition assortis.
Les points singuliers concentrent la plupart des reprises : angles, encadrements de fenêtres, pied de façade et arrêt sous toiture.
Ce sont aussi les zones où l’on découvre une façade abîmée avant de rénover : mieux vaut en comprendre les causes avant de reposer un parement.
En pied de mur, la grille anti-rongeurs ferme la lame d’air sans bloquer l’entrée d’air. En tête, la sortie de ventilation se fait directement vers l’extérieur, sous une couvertine ou un débord de toit.
DTU 41.2 et avis techniques : ce que l’artisan doit vérifier
Le NF DTU 41.2, dans sa version d’août 2015, encadre la mise en œuvre des revêtements extérieurs en bois. Le bardage composite bois-polymère n’entre pas dans ce cadre traditionnel : il se pose selon les prescriptions du fabricant et, quand le système en dispose, selon son Avis Technique ou son Document Technique d’Application.
Ces avis sont délivrés par la CCFAT, dont le CSTB assure le secrétariat, et la commission recense une famille dédiée au « bardage rapporté en composite ».
Cette différence compte pour l’assurance. Selon l’Agence Qualité Construction, un procédé est de technique courante s’il relève d’une norme ou d’un DTU, ou d’un Avis Technique accepté par sa Commission Prévention Produits (C2P).
En dehors de ce cadre, c’est une technique non courante, qui se déclare à l’assureur. Avant de signer, l’artisan rassemble donc la notice de pose, l’éventuel Avis Technique et les conditions de ses assurances RC pro et décennale.
Deuxième exemple, en rénovation. Sur une maison des années 1970 isolée par l’extérieur, l’épaisseur ajoutée change les appuis de fenêtres et les débords de toit.
Certains profils sont pensés pour ce cas : le profil Loki de la même gamme est donné par sa fiche comme « idéal pour une isolation thermique par l’extérieur (ITE) ».
Composite, bois ou fibrociment : quel bardage pour quel chantier ?
| Critère | Bois massif | Composite co-extrudé | Fibrociment |
| Composition | Essence de bois, classe d’emploi adaptée à l’exposition | Fibres de bois et polymères, film de surface | Ciment et fibres |
| Cadre de pose | NF DTU 41.2 | Règles du fabricant, Avis Technique s’il existe | Règles du fabricant, Avis Technique s’il existe |
| Évolution de l’aspect | Évolue avec le temps, entretien régulier pour garder la teinte d’origine | Selon la garantie du fabricant (25 ans sur le bon aspect de la teinte pour la gamme citée, en usage résidentiel normal) | Selon la finition, teinté dans la masse ou peint |
| Entretien courant | Selon la finition choisie | Nettoyage à l’eau | Nettoyage à l’eau |
| Point de vigilance à la pose | Humidité des lames proche de l’équilibre du site | Jeu de dilatation en bout de lame | Découpe et fixation selon la notice du fabricant |
Le bois naturel offre la matière d’une essence, avec des variations propres à chaque lame, et sa pose est entièrement décrite par le DTU.
Le composite convient aux clients qui veulent un aspect bois avec un entretien limité à un nettoyage.
Le fibrociment, comme le composite, se pose selon les documents de son fabricant, ce qui impose la même vérification de l’Avis Technique avant chiffrage.
FAQ : questions fréquentes sur le bardage composite

Le bardage composite relève-t-il du DTU 41.2 ?
Non, le NF DTU 41.2 vise les revêtements extérieurs en bois. Le bardage composite se pose selon la notice du fabricant et, si le système en possède un, selon son Avis Technique.
Faut-il une lame d’air derrière un bardage composite ?
Oui, une lame d’air ventilée évacue l’humidité provenant d’infiltrations ou de condensation. Son épaisseur se lit dans la notice du fabricant ou l’Avis Technique du système.
On prévoit une entrée d’air en pied de façade, protégée par une grille anti-rongeurs, et une sortie en tête.
Combien de jeu laisser en bout de lame ?
Le jeu dépend du produit et se lit sur sa fiche technique. Sur certaines gammes co-extrudées, le fabricant recommande 5 mm en bout de lame.
Sources
- France Bois Forêt et Codifab, Enquête nationale de la construction bois, activité 2024 (publication 2025).
- SDES, Observatoire national de la rénovation énergétique, Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025.
- ADEME, infographie « Pourquoi et comment isoler son logement ? », décembre 2022, collection Clés pour agir.
- AFNOR, NF DTU 41.2 Revêtements extérieurs en bois, août 2015.
- CCFAT et CSTB, famille de procédés « Bardage rapporté en composite ».
- Agence Qualité Construction, Comprendre les processus technico-assurantiels dans le domaine des métiers du bâtiment, 2026.
- Notice de pose du bardage bois, E-Wood, 2026.
- FCBA, Prescriptions pour la mise en œuvre des bardages bois sur façades à ossature bois, 2025.
- Fiches produit des bardages composite Aage et Loki, catalogue E-Wood, consultées en octobre 2026.