Du papier peint intissé qui s’enlève en quelques minutes dans de grandes bandes propres… et un autre qui résiste comme s’il avait décidé de rester là pour toujours. Les deux existent. La différence, c’est rarement la chance, et presque toujours la méthode. Voici comment décoller un papier peint intissé proprement, du décollage à sec jusqu’à la préparation du mur avant de repeindre.
C’est quoi le papier peint intissé ?
Le papier peint intissé (ou non-tissé) est fabriqué à partir de fibres de cellulose et de polyester liées ensemble sans tissage, un peu comme une lingette. Il est beaucoup plus solide et résistant à l’humidité que le papier peint classique en cellulose, celui qu’il fallait encoller et laisser reposer avant de le poser. En France, l’intissé s’est largement imposé dans les rénovations depuis les années 2010.
Sa résistance à l’eau facilite la pose, puisque la colle s’applique directement sur le mur. C’est cette même résistance qui peut compliquer le retrait sur les murs anciens.
Le papier peint intissé peut-il s’enlever à sec ?
Oui, et c’est son principal avantage par rapport aux papiers classiques. Dans la plupart des cas, le non-tissé se retire à la main sans aucun trempage préalable.
Avant de commencer, on coupe le courant au disjoncteur et on retire les plaques des prises et des interrupteurs. C’est indispensable dès que l’on prévoit de vaporiser de l’eau près de l’installation électrique.
Voici la procédure pour un décollage à sec réussi :
- Trouver un bord décollé en bas du mur, dans un angle ou derrière un interrupteur
- Soulever délicatement avec un ongle ou une spatule
- Tirer en maintenant un angle de 30 à 45 degrés par rapport au mur
- Avancer lentement et régulièrement en maintenant la même tension
Si le papier se déchire en petits morceaux plutôt qu’en grandes bandes, c’est le signe qu’il vaut mieux passer à la méthode humide.
Quels outils rassembler avant de commencer ?
Avoir le bon matériel évite les allers-retours inutiles en cours de chantier. Prévoyez aussi une bâche de protection pour le sol, du ruban de masquage pour les plinthes et un sac résistant pour évacuer les bandes de papier.
| Outil | Utilité | Indispensable ? |
| Spatule large (20 cm minimum) | Gratter les résidus de colle | Oui |
| Vaporisateur | Humidifier les zones résistantes | Oui |
| Éponge ou rouleau | Appliquer la solution de trempage | Conseillé |
| Assouplissant textile | Aide à dissoudre la colle | Très utile |
| Griffe à papier peint | Perforer pour faire pénétrer l’eau (sur papiers très résistants) | Optionnel |
| Décolleur à vapeur | Traiter les zones très collées | Très efficace |
Que faire si le papier peint intissé résiste et ne se décolle pas ?
C’est le cas le plus courant sur les murs anciens. La colle a durci avec le temps et le papier s’accroche solidement à la surface.
La solution au vaporisateur
On prépare une solution d’eau chaude additionnée d’un peu d’assouplissant textile (un adoucissant pour linge, type Lenor ou Soupline, à raison d’une cuillère à soupe par litre d’eau).
On vaporise sur une section, on attend 3 à 5 minutes pour que la solution pénètre, puis on gratte doucement à la spatule large. On évite de détremper le mur : mieux vaut traiter le mur par petites sections que de le saturer d’eau.
Le décolleur à vapeur
Le décolleur à vapeur (aussi appelé décolleuse à papier peint) est l’outil le plus efficace sur les papiers vraiment récalcitrants. Il diffuse de la vapeur chaude au travers d’une plaque posée contre la surface, ce qui ramollit la colle en quelques secondes tout en limitant l’apport d’eau dans le plâtre. On maintient la plaque 15 à 20 secondes sur chaque section, puis on gratte immédiatement. Ne le confondez pas avec le décapeur thermique, un pistolet à air chaud destiné à décaper les peintures, qui n’a pas sa place sur un papier peint.
On peut louer un décolleur à vapeur dans les grandes surfaces de bricolage, pour environ 10 à 25 euros la journée selon le modèle, avec généralement une caution à prévoir (250 euros chez Leroy Merlin, par exemple). Le tarif exact varie d’une enseigne à l’autre.
Comment nettoyer les résidus de colle sur le mur ?
Une fois le papier retiré, des résidus de colle subsistent presque toujours sur la surface. Ils forment une couche légèrement brillante ou granuleuse, visible à la lumière rasante. Si on ne les enlève pas avant de peindre ou de reposer un nouveau revêtement, ils créent des irrégularités bien visibles en surface.
La solution la plus simple est de frotter le mur à l’éponge humide avec un peu de liquide vaisselle. Sur les zones plus résistantes, quelques passages à la spatule souple suffisent. On laisse sécher complètement avant de passer à l’étape suivante.
Un mur qui a beaucoup reçu d’eau met du temps à retrouver son état normal. Si des traces d’humidité persistent, il faut d’abord savoir sécher un mur humide avant toute finition.
Faut-il traiter le mur avant de le redécorer ?
Presque toujours, oui.
Un mur qui a porté du papier peint présente souvent des petites déchirures de plâtre, des marques de spatule et des irrégularités de colle. Ces imperfections se voient beaucoup moins sous du papier peint que sous de la peinture.
Sur un mur ancien, on vérifie aussi que le support est sec. Le taux d’humidité d’un mur se mesure avec un humidimètre, et les professionnels attendent généralement qu’il redescende sous 8 à 10 % avant d’appliquer une finition. Ce seuil est un repère courant et non une norme.
Ponçage et rebouchage
On ponce légèrement toute la surface avec du papier grain 120, puis on rebouche les trous et déchirures avec de l’enduit de rebouchage. On laisse sécher, on reponce et on nettoie le mur à sec.
Application d’un primaire
On applique une couche d’impression (aussi appelée primaire de finition ou fond fixateur, et parfois simplement sous-couche de peinture) pour refermer les pores du mur et uniformiser son absorption. Sans ce primaire, la peinture peut créer des zones mates et des zones brillantes selon les endroits du mur.
Peut-on peindre directement par-dessus le papier peint intissé sans l’enlever ?
Techniquement oui, si le papier est parfaitement plat, sans bulle ni décollement. Mais cette solution a une limite claire : si le papier se décolle à l’avenir dans un angle ou une jonction, la peinture part avec lui. Et lors de la prochaine rénovation, les deux couches devront être retirées ensemble, ce qui est nettement plus laborieux.
Voici les cas où il vaut vraiment mieux enlever l’intissé avant de peindre :
- Le papier présente des bords décollés dans les angles
- On observe des cloques ou des gonflements localisés sur la surface
- Le papier a plus de 15 ans de pose
- On souhaite une finition lisse et impeccable
FAQ : vos questions sur le décollage du papier peint intissé
Comment savoir si mon papier peint est bien de l’intissé ?
L’intissé est épais, souple et difficile à déchirer, avec un dos qui rappelle un textile. Il se retire souvent en grandes bandes entières. Pour en avoir le cœur net, soulevez un coin dans un endroit discret : si le papier vient d’un bloc, sans se dédoubler, vous avez très probablement affaire à un non-tissé. Un revêtement vinyle se reconnaît à sa couche de surface qui se détache du support.
Puis-je utiliser de l’eau près des prises et des interrupteurs ?
Oui, à condition de couper le courant au disjoncteur et de déposer les plaques. Vaporisez avec parcimonie et évitez tout ruissellement le long du mur. Ne remettez le courant qu’une fois la zone parfaitement sèche.
Décoller un papier peint intissé sans abîmer ses murs : les bons réflexes

Réussir le retrait d’un papier peint intissé tient moins à la force qu’à l’ordre des gestes. On commence par couper le courant, puis on tente un décollage à sec en tirant lentement. Si le papier résiste, la solution au vaporisateur ou le décolleur à vapeur viennent à bout des colles les plus tenaces, sans détremper inutilement le plâtre.
Le travail ne s’arrête pas quand la dernière bande tombe. Nettoyer les résidus de colle, poncer, reboucher et appliquer un primaire conditionnent directement la qualité de la finition, qu’il s’agisse de peinture ou d’un nouveau papier peint. Dans un logement d’avant 1997, un diagnostic amiante reste la bonne précaution avant de gratter ou de poncer.
Enfin, laisser le mur sécher complètement et vérifier son état avant de recouvrir évite les mauvaises surprises : cloques, taches ou décollements. Avec de la patience et une méthode rigoureuse, vos murs ressortiront propres, lisses et prêts à être redécorés.